La question revient dès que l'administratif déborde : faut-il embaucher quelqu'un, ou trouver un outil ? Elle se pose presque toujours mal, parce que les deux coûts sont mal connus. Un salarié coûte souvent moins que ce que la rumeur des charges laisse croire. Une automatisation coûte souvent moins encore, mais ne fait qu'une partie du travail. Voici les chiffres des deux.
Ce qu'un salarié coûte réellement
Depuis juin 2026, le SMIC brut mensuel s'établit à 1 867 euros. Le coût employeur correspondant tourne autour de 1 933 euros par mois, soit environ 23 000 euros par an pour un temps plein. Au-dessus du SMIC, la réduction générale décroît et l'écart se creuse : à 2 500 euros de brut, le coût mensuel avoisine 3 550 euros, cotisations comprises.
Le point que personne ne vous dit
On répète que les charges patronales représentent 42 % du brut. C'est le taux facial, avant réduction. La réduction générale dégressive, qui s'applique désormais jusqu'à trois fois le SMIC, ramène ce taux à environ 10 % au niveau du salaire minimum. Autrement dit, embaucher à un bas salaire coûte proportionnellement bien moins cher que ce que l'on croit — et cela mérite d'être su avant d'écarter l'option.
Et ce que les tableaux oublient
Le coût chargé n'est pas le coût complet. Il faut y ajouter cinq semaines de congés payés, soit environ 10 % d'une année sans production, la mutuelle collective dont vous financez la moitié, la médecine du travail, le temps de recrutement et celui de formation. Et le risque qu'après huit mois, la personne parte — auquel cas tout recommence.
Ce qu'une automatisation coûte en face
Nous chiffrons la mise en œuvre à 12 % du coût annuel de la tâche automatisée. Une tâche qui vous coûte 8 000 euros par an revient donc à environ 960 euros, plus une maintenance d'un cinquième par an. La plupart des projets que nous acceptons se situent entre 500 et 4 000 euros. L'écart avec une embauche n'est pas de quelques pour cent : il est d'un ordre de grandeur.
Mais ce n'est pas la même chose
Comparer les deux montants n'a de sens que si les deux font le même travail, et ce n'est jamais le cas. Une personne traite les exceptions, décroche le téléphone, remarque qu'un dossier sent mauvais. Une automatisation fait une chose, toujours pareil, sans se lasser et sans congés. La bonne question n'est donc pas laquelle choisir, mais quelle part du travail relève de laquelle.
Comment trancher en trois nombres
Prenez ce que vous confieriez à cette future recrue et découpez-le. Pour chaque bloc, notez combien de fois par jour il revient, combien de temps il prend, et s'il demande un jugement ou seulement de l'exécution. Vous verrez presque toujours qu'une moitié est répétitive et l'autre non. Automatisez la première, et vous découvrirez souvent que la seconde ne justifie plus un poste entier.
Nous avons préparé un diagnostic gratuit qui chiffre une tâche en deux minutes : quatre questions, résultat à l'écran, et il vous dit si l'automatiser vaut le coup ou non. Passez-le sur les trois blocs les plus lourds avant de rédiger une offre d'emploi. Et si le résultat conclut qu'aucun ne mérite d'être automatisé, alors la réponse est peut-être bien d'embaucher — il vous le dira aussi.